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 Cours camarade ou le vieux monde t'emportera...

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Nicolas_gergo

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Date d'inscription : 06/05/2007

MessageSujet: Cours camarade ou le vieux monde t'emportera...   Lun 7 Mai 2007 - 23:14



C'est un soir de défaite, c'est un soir de colère.

En donnant majoritairement leur voix à Nicolas Sarkozy, nos concitoyens n'ont pas seulement reconduit au pouvoir ceux, qui depuis 2002, s'acharnent à créer toujours plus de chaos social.
Ils ont aussi scellé le destin d'un pays qui, sous l'impulsion de l'UMP, va subir les assauts d'une idéologie contre-révolutionnaire, nostalgique et réac. Face au pari du changement, c'est bien les fantasmes d'un vieux monde qui ont triomphé.
Durant ces mois de campagne, les peurs l'ont emporté sur les espérances, les mensonges ont étouffé les engagements, les réflexes ont masqué les raisonnements. Bref, les aspirations au progrès n'ont pas supporté la concurrence de la réaction.

L'imposture sarkozyste

Et pourtant... Nous savions en rentrant en campagne contre le candidat de l'UMP que celui-ci portait en lui deux faiblesses.

Il était l'homme d'une majorité au pouvoir, il inspirait des craintes et une dangerosité. Pour ne pas avoir à défendre son bilan, Nicolas Sarkozy a inventé sa rupture. Pour ne plus susciter d'inquiétudes, il s'est fait rassurant. La « rupture tranquille » était une imposture. Mais le stratagème s'est imposé aux Français, aidé par la dictature médiatique de l'instant et l'absence de mémoire.
Peu importe la réalité des actes et du passé. Dans cette élection, l'illusion a supplanté l'action. Et Nicolas Sarkozy, l'ami des dominants, s'est fait le porte-voix du changement pendant que la Gauche revêtait, malgré elle, les habits de l'archaisme et du risque.
Dans ce moment de défaite, les seuls regrets que nous pouvons formulés se situent ici. Dans cette incapacité de la gauche à renvoyer la droite à sa vraie nature.

En menant campagne frontalement contre Nicolas Sarkozy, en tentant de démasquer l'imposture, nous étions dans le juste. Mais nous n'avons pas été capables de nous faire suffisamment entendre.

De mai 68 à mai 2007

En prônant dans ces derniers meetings la liquidation l'héritage de mai 68, Nicolas Sarkozy ne s'est pas seulement essayé à un effet de tribune. C'est bien le retour à un vieux monde, celui de l'ORTF et de la rigidité morale, qui nous attend désormais.
L'Histoire peut ainsi être cruelle. C'est précisément cette génération qui avait su porter un souffle nouveau sur la société française qui - quarante ans plus tard - bouffée par les remords et la culpabilisation de ce qu'elle est devenue, s'essaie à effacer les souvenirs et les acquis de sa jeunesse.
Les jeunes puérils des rues de la Sorbonne du printemps 68 sont ainsi devenus les vieux cons de notre époque. Ceux qui affichaient sur les murs « il est interdit d'interdire » se sont faits les chantres de la moralité et du retour aux valeurs.
La victoire de Nicolas Sarkozy doit beaucoup à Alain Finkielkraut, à André Glucksmann, à Houellebecq et à tant d'autres. Etrange clins d'oeil de l'Histoire : Les jeunes révolutionnaires d'hier sont devenus les néo réactionnaires d'aujourd'hui.
La France d'avant 68, c'était le pays d'une hégémonie politique inébranlable, d'une oligarchie économique triomphante, d'une coercition médiatique assumée, d'une société civile cadenassée.
Au plus profond de lui, Nicolas Sarkozy entend revenir à cette époque dorée où la gauche s'était réfugiée dans un monde et des cultures alternatives, incapable d'aspirer au pouvoir.

Et le risque est grand, dans ce lendemain de défaite, de voir les forces de progrès se diluer dans une dynamique minoritaire où les réformistes et les radicaux marcheront séparément.

Inventer un champ du possible

A l'avant-garde de l'opposition à Nicolas Sarkozy lors de cette élection présidentielle, nous ne lâcherons pas prise. Les élections législatives se profilent déjà et tout doit être fait pour éviter une concentration plus forte encore des pouvoirs dans les mains de l'UMP.

Le combat AntiSarko continue donc pour nous. Il est une nécessité démocratique et une obligation politique. Et dès à présent, nous appelons l'ensemble des forces de progrès - associations, partis et syndicats – à se fédérer dans un même collectif pour assurer la riposte sociale et citoyenne aux réformes qui seront, dès demain, imposées par Nicolas Sarkozy.

Notre mouvement s'impliquera de toutes ces forces dans ce travail de « veille » républicaine et s'efforcera de fédérer tous ceux qui veulent s'y engager.

Mais au-delà, nous savons que l'enjeu principal est celui de la refondation de la Gauche.

Nous ne parlons pas ici des accords d'appareil et des nouvelles configurations partisanes qui seront certainement brandies par les uns et les autres. La tâche qui nous attend est plus grande encore.

Dans ce monde tourmenté, dans cette société anxieuse, nous croyons que la gauche française a une responsabilité historique. Elle a le devoir de façonner une alternative moderne, crédible et ambitieuse qui ne se limite pas à la conservation des acquis ni ne se résigne à l'accompagnement du néo-libéralisme.

Ce chantier est immense, nous le savons. Il devra se heurter à la réticence de ceux qui, par réflexes identitaires, préférerons la division de la gauche à l'union nécessaire. Il devra dépasser les facilités de ceux qui voudront limiter cette refondation à de simples changements de logos ou à des annonces de nouvelles coalitions.

Comme nous l'écrivions dans le Manifeste du mouvement RéSo, plus que jamais « nous croyons au progrès par la réforme. Il ne s'agit plus de vivre 1789, 1917 ou 1968 par procuration, il ne s'agit pas non plus de sacrifier notre idéal par facilité d'adaptation, mais bien de partir du réel pour changer la société ».

Dans ce monde dérégulé et forts de notre vécu, nous sommes ainsi convaincus que la réponse politique de la gauche devra être internationaliste et européenne, réformiste dans la méthode et radicale dans les ambitions.

Un nouveau champ du possible est donc à inventer.
A notre génération d'en dessiner les contours.
A elle de se mettre en mouvement plutôt que de rester dans l'inaction, à elle de se faire entendre plutôt que de se réfugier dans le silence.
A elle de courir vers les victoires de demain, plutôt que de se laisser assommer par les défaites du présent.

A elle d'agir, avant que le vieux monde ne nous étouffe.
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